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Pour chaque huile essentielle, la description est faite de façon minutieuse
et vous offre les analyses ainsi que les listes de propriétés et de contre-indications
fraîchement à jour pour chaque plante et chaque lot.

Introduction

Nous allons ici voir la simplicité et la magie de la chimie des huiles essentielles.
Commençons par introduire un peu le sujet.

Longues études, très longues études et… au final pas grand-chose à se mettre sous la dent !

La chimie des huiles essentielles est parcellaire et insuffisante.
Quasiment les seules informations que l'on peut trouver jusqu'ici sont issues des magnifiques travaux du Dr Daniel Pénoël et de Pierre Franchomme.
Magnifiques, mais c'était un début.
Et rien ne semble avoir été fait depuis, du moins dans le berceau de la précision aromathérapeutique : la francophonie.

Victoire ! Des gens ont continué l'étude.
Robert Tisserand et le Dr Stewart entre autres : c'est l'anglophonie qui a repris le flambeau.
Il convient de reprendre tout cela, d'en faire des synthèses et de rechercher suffisamment pour appliquer les découvertes et les conclusions modernes à la véritable pratique quotidienne de l'aromathérapie.

Cela fait partie des travaux auxquels je consacre ma vie (Marc Ivo Böhning pour vous servir) et je me fais le plaisir de ce texte pour Gedane afin de vous exposer où en est la connaissance actuelle et surtout ce qu'on peut en faire… simplement.

Les plantes et la magie de leur chimie

Nous n'irons pas dans tous les détails ici (trois jours de cours n'y suffisent pas) mais les plantes sont des usines chimiques extraordinaires.

  • Tout d'abord elles offrent le substrat de toute vie animale sur terre : l'oxygène.
  • Ensuite elles savent transformer l'énergie du soleil en énergie chimique dont tout le règne animal (dont nous) profitons comme unique moyen de subsistance.
  • Puis elles fabriquent du matériau à partir d'air, d'eau et de lumière (feuilles pour les toits, fruits et légumes, bois pour les maisons et les ustensiles, cellulose pour le papier, terreau, pétrole et la liste est infinie).
  • Et finalement elles constellent la terre de beautés visuelles et olfactives.

Nous avons vu dans « Fabrication des huiles essentielles » ce pourquoi les plantes ont besoin de fabriquer des substances nobles : les huiles essentielles.
Elles le font depuis des centaines de millions d'années et ont acquis une maestria qui va très loin au-delà de n'importe quel laboratoire de chimie de haute technologie.
Et ce pour la plus simple graminée !
Impossible de fabriquer artificiellement la vaste majorité des molécules qu'elles produisent quotidiennement avec simplicité à base d'eau, de lumière et d'air.

Elles ont du répondre aux défis de la vie et l'ont fait par l'adaptation en symbiose.
Donc pacifiquement. (Bon, là déjà on aurait peut-être quelque chose à apprendre…)
Elles ont du développer un système de langage complexe et performant pouvant être compris par d'autres plantes de la même espèce, d'espèces différentes et par des règnes différents.

Ce langage est inscrit par les molécules dans leurs huiles essentielles.
Et nous sommes loin d'en avoir compris ne serait-ce qu'une infime fraction.
Tout juste quelques personnes ont-elles une petite idée du génie avec lequel elles le font.
Car il n'y a pas lieu d'essayer de déchiffrer ce langage trop complexe pour nous à l'étape de connaissance où nous sommes :

  • il s'agit juste de comprendre quelle intelligence il y a dedans et de savoir en déduire la toxicité de quelques huiles essentielles.

C'est tout.
Pas plus : cela suffit et cela serait déjà immense quand on s'aperçoit du peu que l'on connaît et comprend.

Une intelligence époustouflante

Imaginez l'intelligence d'un buisson qui doit survivre à l'attaque de fongus capables de le terrasser en un rien de temps mais qui ne pourrait pas faire vivre sa génération vivante s'il ne les laisse pas vivre.
Il doit se laisser décomposer quand il meurt pour offrir de la terre à sa progéniture.
Il pousse lui-même uniquement grâce à la terre fertile offerte par sa lignée de parents.
Parents qui seraient morts s'ils avaient laissé libre cours à ces indispensables bactéries composteuses.

C'est le même défi que pour un être humain.

On est totalement dépendants de nos flores (notamment la flore bactérienne intestinale) sans laquelle on ne pourrait vivre plus de quelques jours ou heures.
Et pourtant si elle se déséquilibre ne serait-ce qu'un peu, on en connaît bien le résultat : il est aussi impressionnant qu'une grippe intestinale.

La plante a développé des huiles essentielles riches de centaines de molécules différentes.
Elles sont ainsi capables :

  • non seulement de tuer quasi chaque microbe sur terre (les huiles essentielles sont redoutables au niveau anti-infectieux !)
  • mais en plus, elles respectent les flores naturelles de l'hôte chez qui elles sont administrées.

C'est pour cela que l'on parle de langage : elles établissent une discussion à l'intérieur du corps pour le soigner en le respectant.

Il y a également des raisons de communication au mot « langage » :
les plantes échangent des informations, « se parlent ».

De plus en plus d'équipes scientifiques de haute volée étudient ces phénomènes et ont établi ce fait qui paraît si facile mais si trivial à dire :
« les plantes communiquent entre elles ».

Si ce phénomène est étudié, c'est autant pour son importance écologique que pour ses potentielles retombées économiques.
Mais cela est une autre histoire.
Merci donc aux plantes pour leur langage, nous laisserons notre corps physique et nos chakras en traduire les différents niveaux pour nous.

La réaction des plantes à leur lieu de vie

Le trait de génie des chercheurs de la deuxième partie du siècle dernier a été de se rendre compte que :

  • les plantes fabriquent des huiles essentielles différentes selon leurs conditions de pousse et d'adapter la nomenclature en conséquence.

En effet les plantes ne produisent pas pour produire.
Elles s'adaptent dans leur milieu :

  • selon le terrain
  • l'altitude
  • l'humidité
  • la saison
  • ses voisines
  • etc

une plante fabriquera une huile essentielle légèrement voire franchement différente.
On appelle cela les chémotypes (pour mimer le génotype : le type génétique, le phénotype : le type visuel, le chémotype c'est sont type chimique).

Une même plante qui pousse en Inde ou à Madagascar ne donnera donc pas une huile essentielle identique.

Pour les plantes donnant des huiles significativement différentes, on note donc sur les fioles et dans les livres leur type chimique.
Par exemple Thym vulgaire à thymol et Thym vulgaire à linalol.
Nous accroissons ainsi significativement notre sécurité d'emploi.

Vraiment justes, les chémotypes ?

« Chémotype » est un mot que nous utilisons aussi pour le classement des molécules contenues dans les huiles essentielles.
Nous les avons classées pour nous y retrouver.
Très bien.
Par contre le pli a été pris de considérer les effets et la toxicité des molécules au sein d'une même famille de façon trop identique.

On prête ainsi un caractère à tous les sesquiterpènes, à toutes les cétones, à tous les aldéhydes et ainsi de suite.
Mais avez-vous le même caractère que vos parents, enfants, frères, sœurs, cousins juste parce que vous portez le même nom de famille ? Non.

En fait il y a de gros soucis avec les familles moléculaires des chémotypeset on ferait mieux de les oublier pour se mettre à la page !

  • La classification ne tient compte que d'un tout petit bout de la molécule (la fonction) alors que celle-ci fonctionne grâce à sa géométrie spatiale (fonction + radical) pour déclencher des réponses dans une cellule par effet clé-serrure.
  • Nombre de molécules sont inclassables, traditionnellement mal classées ou doivent être classées dans plusieurs catégories simultanément.
  • Au sein d'une famille, les caractères sont très différents d'une molécule à l'autre.
  • La stéréochimie (qui change la forme de la molécule sans toujours se refléter dans le nom de celle-ci) est largement sous-estimée et oubliée mais si deux molécules sont dites identiques et sont l'image miroir l'une de l'autre, c'est comme pour une paire de gants : une main droite ne va pas dans un gant gauche et inversement. On ne peut pas toujours déceler de quelle moitié du miroir il s'agit quand on analyse une huile essentielle (menthol, camphre, carvone, limonène etc).

Les familles chimiques des chémotypes ne prédisent donc en rien ni la toxicité ni les propriétés d'une huile essentielle, mais ils restent pratiques pour classer les molécules et s'en sortir visuellement quand on a une liste de molécules.

On ferait donc mieux de s'en tenir à ceci et d'arrêter les listes d'effets par groupes chimiques !
Dire que les cétones sont neurotoxiques ou que les monoterpènes sont tonifiants et ainsi de suite, c'est ancestral… et faux !

Répétons que c'était un excellent travail fait au siècle dernier mais il fallait la suite… qui pour des raisons financières évidentes n'a pas pu suivre.
Maintenant, nous travaillons d'arrache-pied et sans finance aucune (mécènes bienvenus !) pour mettre de l'ordre dans des données que nous travaillons d'arrache-pied également à réunir.

C'est vrai que ces classements donnent une vue d'ensemble et qu'ils sont pratiques, on ne doit juste pas s'y fier pour ni prédire les effets thérapeutiques d'une huile essentielle ni ses contre-indications ou éventuels effets secondaires.

Vous comprenez maintenant pourquoi nous vous présentons la chimie des huiles essentielles sans vous décrire les caractères caduques de fausses familles recomposées dont chaque membre est différent.

Gedane fait un grand pas en avant dans le monde de l'aromathérapie au niveau de l'information. Ainsi, les molécules les plus significatives, les molécules discriminantes d'une huile essentielle et celles en plus grandes quantités sont notées et quantifiées sur les fioles et également notées dans ce site. Elles sont importantes pour identifier une huile essentielle et savoir à quoi s'en tenir au niveau de la toxicité, guider les dosages etc. C'est donc de molécules dont nous avons besoin et non des familles, c'est ce que Gedane vous propose en toute transparence.

Monoterpènes, sesquiterpènes, diterpènes, triterpènes, alcools monoterpéniques, sesquiterpéniques et diterpéniques, aldéhydes aromatiques et non-aromatiques, mono-cétones, dicétones monoterpéniques, sesquiterpéniques, non-terpéniques, esters, phénols, phénol-méthyl-éthers, oxydes, peroxydes, phtalides, éther-oxydes, éthers, lactones, furanocoumarines, pyranocoumarines, thiols, sulfides, furan-oxydes, hydroxys, acides, alcaloïdes…

Cette liste de familles ne fait pas oublier qu'il y a plus de 1'000 monoterpènes, plus de 3'000 sesquiterpènes… et ce ne sont là que les deux premières familles de la liste !

Se simplifier la vie

Il y a des moyens nets de se simplifier la vie.
Le plus sympathique est que c'est le moyen que nous devons utiliser pour nous en sortir : trouver des livres de référence et des références de confiance et leur faire confiance.
Pour chaque huile essentielle individuellement.

On ne peut plus se faire le luxe de chacun évaluer la toxicité d'une plante en regardant une analyse chimique (surtout avec quelques seules molécules) et en tirer des conclusions pour nos patients sur la base de familles qui n'existent pas (les chémotypes).

Le classement par familles de molécules a permis un amateurisme qui a entraîné que nous nous croyions suffisamment informés pour évaluer les effets ou la toxicité d'une huile.
Les meilleurs spécialistes actuels vous diront que ça ne fonctionne pas comme ça.
Et ils ont raison.

Toute la complexité d'évaluation peut et doit se faire par des professionnels spécialistes.

Le rôle du consommateur (et de l'aromathérapeute non chimiste) est d'autant plus confortable et beau !
Ce n'est pas de devenir un mouton, mais de sélectionner des auteurs et des livres fiables et de se tenir à cela.

Quitte à se faire une petite liste des huiles essentielles que l'on utilise le plus souvent et surtout sans avoir peur ou honte d'ouvrir un livre devant un patient avant de signer la prescription.
Nous le faisons tous et cela est pour le patient un gage de qualité de service et de prise au sérieux de sa santé. Il y a des centaines de plantes, des organes producteurs différents pour chacune, des micmacs de nomenclature et des variations en fonction de la provenance.

Ouvrons donc nos livres et ayons confiance en les professionnels dont les années de recherche à plein temps nous guident.

Suite à la demande de Gedane, j'ai mis pour chaque plante sur ce site les données les plus récentes concernant chacune d'entre elles.
Ils me demandent de contrôler en outre chaque arrivage pour la sécurité de leurs clients (et de mes propres patients bien-aimés puisque parmi les huiles essentielles qu'ils reçoivent en pharmacie il y a des huiles Gedane).

Faisons-nous donc plaisir, prenons référence pour chaque huile, lisez si vous le souhaitez la page consacrée à la sécurité des huiles essentielles et… au plaisir de nos narines et notre santé !